Formation de l’ÉSIP ce jeudi

* Événement Facebook *

Suite aux événements des dernières semaines, il apparaît nécessaire d’offrir à nouveau une formation au grand public. Cette formation sera offerte par des membres de l’ÉSIP et des sympathisants à notre équipe.

Quand : Jeudi 26 avril, de 18h à 20h30
Où : Université du Québec à Montréal (UQÀM). Local W-2535 (Association des étudiant-e-s en droit)
Quoi apporter : papier et crayon pour prendre des notes, votre bonne humeur.

Déroulement de la formation

La formation se divisera en deux parties d’environ une heure chaque. La première partie est un « tronc commun » qui porte sur le droit des manifestants. On y abordera entre autres la question des attroupements illégaux, émeutes, voies de faits, liberté d’expression et de réunion pacifique, etc. Pour la deuxième partie, les participants pourront choisir entre deux ateliers, soit un sur la sécurité en manifestation (habillement, premiers soins, tactiques policières de dispersion, engins utilisés) ou sur la surveillance des interventions policières (quoi surveiller, entrave au travail des policiers, prise de note efficace, diffusion).

Aucune inscription n’est nécessaire. Vous n’avez qu’à vous présenter à l’heure et au local convenu.

Rapport de surveillance : 20 avril 2012

Mise en situation

Le 20 avril 2012, une manifestation s’est dirigée vers le Palais des congrès de Montréal où avait lieu le Salon Plan Nord. À la suite d’altercations avec les policiers, la manifestation a été déclarée attroupement illégal. Nos observateurs-trices sont arrivé-es sur les lieux vers 14h30. Il est difficile de savoir si, à ce moment là, il s’agissait d’une manifestation étudiante à proprement dit. Nous avons tout de même décidé de couvrir les événements.

 14h33 : Arrivée de nos observateurs-trices sur les lieux.

14h35 : Coin Jeanne-Mance et Viger. Charge des policiers vers le nord. Une bombe sonore est lancée.

14h48 :Coin Ste-Catherine et St-Laurent. Des policiers arrivent du nord sur Clark. Ils bloquent éventuellement la rue Ste-Catherine, à la hauteur de St-Laurent. À ce moment là, les manifestants sont rendus plus loin vers l’est sur Ste-Catherine.

14h53 :Déploiement de l’anti-émeute à nouveau sur Ste-Catherine, cette fois à la hauteur de St-Denis. Les manifestants se divisent en deux groupes. Aucun déploiement subséquent.

15h03 : Des manifestants apprenent que la manif a toujours lieu près du Palais des Congrès. Un groupe de manifestants se dirige vers là.

15h10 : La manifestation est de nouveau déclarée attroupement illégal au coin des rues St-Urbain et Viger.

15h25 : Après un mouvement des policiers, un groupe en encerclé sur Viger, entre St-Urbain et Clark. Un policier posté à l’extrémité d’une ligne laisse sortir certaines personnes du périmètre, mais pas d’autres. On a clairement refusé à une observatrice de sortir, sans vouloir donne de motif. Semble s’apparenter à du profilage social et politique.

15h26 : L’anti-émeute du SPVM se replie, ce qui fait que les manifestants ne sont plus encerclés.

15h32 : Au coin nord-ouest St-Urbain et Viger, un manifestant est poussé par terre par un policier anti-émeute. Le manifestant semble blessé, il git au sol et ne bouge pas, mais il est conscient. On demande à plusieurs reprises aux policiers de l’aider, ce qu’ils refusent de faire.

15h49 : Les policiers repoussent les manifestants vers le nord sur St-Urbain. Un policier pousse sans aucune raison apparente un manifestant.

15h57 : Un groupe de policiers anti-émeute bloque St-Urbain à la hauteur de De la Gauchetière. Les manifestants sont pour la plupart sur De la Gauchetière, entre St-Urbain et St-Laurent.

15h58 : Départ de nos observateurs-trices.

Rapport de surveillance : 19 avril 2012

Mise en contexte

Le 19 avril 2012, des étudiants se sont rendus à Gatineau pour protester contre l’injonction émise envers l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

9h36 : Les manifestants se mettent en marchent.

9h58 : Les manifestants entrent à l’intérieur de l’hôtel-de-ville de Gatineau.

9h59 : Les policiers bloquent l’entrée de l’hôtel-de-ville.

10h01 : Les manifestants sortent par une sortie secondaire. Une manifestant blessé à une jambe (fracture récente) avance plus tranquillement que les autres. Il se retrouve à l’arrière du groupe. Un policier le pousse constamment pour qu’il avance plus rapidement.

10h04 : Les manifestants sont revenus sur la rue Notre-Dame-de-l’Île.

10h30 : Les manifestants arrivent au pavillon Taschereau. Certains manifestants parviennent à entrer à l’intérieur de l’établissement. Les policiers utilisent des matraques téléscopiques pour tenter de repousser la foule. Des renforts policiers arrivent rapidement.

10h45 : Les manifestants se déplacent vers une entrée secondaire. Des policiers sont à l’intérieur et les empêchent d’accéder aux couloirs de l’université.

10h48 : Des policiers tentent d’entrer en renfort alors que les manifestants bloquent une entrée.

10h49 : Les manifestants se replient à l’extérieur.

10h50 : Un policier a dit : « Y’en a un avec un bandeau bleu, il m’a poussé. Tu vas voir, j’vais t’le ramasser tantôt. »

10h51 : Les manifestants se remettent à marcher. Ils contournent la police anti-émeute qui forme un bloc au milieu de la rue. Un homme de 72 ans est poussé contre le sol par un agent anti-émeute.

10h56 : L’anti-émeute marche et retourne dans leurs minibus sans être intervenu. *Cela ressemble à une manoeuvre d’intimidation de la part de la SQ.

11h16 : Les étudiants se dirigent vers le pavillon Brault. À l’entrée, des policiers bloquent l’accès. Un policier donne des coups de matraque sans raison, alors que la « première ligne » des manifestants ne bouge pas pour le moment.

11h17 : Utilisation de poivre de cayenne de la part des policiers. L’utilisation s’est fait dans un endroit relativement fermé, de sorte que les manifestants poivrés pouvaient difficilement quitter. Un paramédic (manifestant) clairement identifié semble avoir été ciblé et a reçu une dose importante de poivre de cayenne. Les policiers sont aussi touchés par le poivre de cayenne, puisque l’endroit est clos.

11h19 : Un policier cible notre observatrice. Il dit a son collègue, en pointant notre observatrice – clairement identifiée – « elle là, ce qu’elle a dans les mains, j’le veux à’ poubelle ok? » Notre observatrice avait une enregistreuse dans sa main, pour pouvoir prendre des notes sur les interventions policières. Elle a été clairement ciblée par un policier pour cette raison.

11h21 : Les étudiants se replient vers un autre endroit.

11h22 : La police anti-émeute se déploie dans le stationnement de l’université alors que les manifestants sont en train de quitter. Aucune intervention.

11h43 : Les manifestants sont sur la rue St-Joseph. Pour une raison inconnue, une ligne d’anti-émeute bloque le passage des étudiants qui ne peuvent continuer de marcher sur St-Joseph.

11h45 : Les manifestants prennent une autre avenue.

12h27 : Les étudiants sont de nouveau devant le pavillon Brault de l’UQO.

12h28 : Affrontement entre les étudiants et les policiers. Au moins deux étudiants ont reçu des coups de matraque au niveau du visage et de la tête.

12h33 : Un policier pointe sa matraque (comme une lance) envers les étudiants pour aucune raison apparente.

12h33 : Les manifestants décident de se replier.

12h34 : Déploiement de l’anti-émeute, encore une fois alors que les manifestants se replient.

12h51 : Les policiers anti-émeute laissent passer une personne blessée. Ils refusent par contre de laisser passer le paramédic-manifestant pour accompagner le blessé jusqu’à l’ambulance. Il y a des altercations et les policiers poussent les blessés. On refuse de laisser passer le paramédic.

12h53 : Le paramédic souhaite aller chercher son sac de premiers soins derrière la ligne d’anti-émeute et on refuse. Finalement, on le laisse passer. On lui demande de s’identifier (aucune raison valable) et on fouille son sac à dos.

13h01 : Des manifestants semblent entrer à l’intérieur de l’université par une porte de service.

13h15 : L’université est évacuée. Les étudiants et professeurs quittent.

13h26 : Les policiers tentent d’entrer à l’intérieur alors que les manifestants bloquent l’entrée.

13h26 : Un étudiant est mis à part. On le plaque contre le mur. On lui dit « sais-tu pourquoi on te fait ça? ». Quinze secondes plus tard, on le laisse partir.

13h38 : Des manifestants qui étaient sur le trottoir sont poussés en bas. Les policiers sont sur le trottoir et tiennent leurs matraques au niveau du visage des manifestants.

15h30 : Les manifestants qui se trouvaient à l’intérieur de l’université sont escortés et arrêtés. On les met dans des autobus de la STO.

* La très grande majorité des policiers de Gatineau n’étaient pas identifiables. Aucune marque d’identification visible.

* Les personnes arrêtés ont été mises dans des cellules. Parfois, jusqu’à 14 personnes dans une cellule pour trois.

* À 23h, certaines des personnes arrêtées à 15h étaient toujours détenues dans des autobus.

Rapport de surveillance : 27 mars 2012

Mise en situation

Une manif-action partait du métro Papineau pour bloquer le siège social de la SAQ.

7h30 : Nos observateurs arrivent sur les lieux. Plusieus voitures de police sont présentes.

7h35 : La plupart des voitures de police s’en vont.

7h42 : Les manifestants se dirigent vers l’est sur Ste-Catherine.

9h55 : Les policiers bloquent la rue De Lorimier.

9h56 : L’anti-émeute se prépare à intervenir sur De Lorimier.

9h59 : Début de l’intervention de l’anti-émeute. À partie de De Lorimier, ils se dirigent vers le siège social de la SAQ où les manifestants se trouvent.

10h01 : Un membre de l’ÉSIP est poussé par un policier.

10h04 : Les policiers utilisent beaucoup de poivre de cayenne.

10h05 : Utilisation de poivre de cayenne se poursuit. Des coups de matraque sont aussi inligés aux manifestants.

10h06 – 10h07 : Il y a toujours utilisation de poivre de cayenne par les policiers.

10h10 : Un membre de l’ÉSIP demande aux policiers de s’identifier. Refus.

10h11 : On rapporte que le poivre de cayenne a été utilisé abondamment, pendant environ 15 secondes.

10h14 : Un manifestant se fait poivrer par un policier. Un autre policier le pousse en bas des marches avec son bouclier.

10h20 : Une personne est arrêtée, menottée sur le sol.

10h34 : L’individu arrêté est amené vers une voiture de police.

10h40 : Une voiture de police part en trombe en fonce vers des manifestants.

10h45 : Les manifestants marchent sur René-Lévesque.

10h49 : Les manifestants sont suivis de quatre policiers à vélo, une minifourgonette et deux autos de police.

Rapport de surveillance : 5 avril 2012

Mise en situation

Une manif-action partait du métro Papineau à 8h00 pour bloquer le centre de distribution de la SAQ.

8h28 : Trois policiers surveillent à l’intérieur du métro depuis le début du rassemblement. Les médias demandent ce que les manifestants font là et où ils vont. Aucune idée.

8h35-8h40 : Les manifestants entrent dans le métro Papineau pour en sortir à Langelier.

9h23 : Les manifestants sont rendus au centre de distribution de la SAQ près de la 25. Les manifestants bougent pour se rendre en marchant et en courant. Les manifestants se divisent en deux groupes : deux entrées principales extérieures.

9h39 : La police a déjà arrêté quelques personnes pour les « déplacer ». Ils les ont relâchés à quelques coins de rues plus loin en leur disant de partir. Les manifestants sont possiblement revenus.

9h45 : Le groupe duquel fait partie nos observateurs a bloqué l’entrée sur le bord de la 25 longtemps, sans aucune intervention de la police. Une fourgonnette « fantôme » rodait autour des manifestants. La SQ reste sur le bord de la 25. Il y a une clôture qui nous sépare. Ils se tiennent à environ 20 pieds de l’autre côté. Le SPVM s’est posté des deux côtés de nous dans la petite rue.

* La SQ était aussi présente avec l’anti-émeute pour l’occasion. Il y avait trois paniers à salade bleus de la compagnie Location Bleu Pelican.

10h30 : Rien à signaler. Des dizaines de voitures de police commencent à arriver. D’autres avec l’anti-émeute se trouvaient au sud sur Notre-Dame. L’hélicoptère est parti depuis un bout. Il semblerait que d’autres choses plus importantes se déroulent au centre-ville.

11h00 : Les manifestants partent rejoindre les autres de l’autre côté.

11h15 : Les manifestants sont arrêtés au coin des rues Tellier et des Futailles. On se regroupe. Les autres manifestants arrivent en courant alors que des policiers leur courent après. Ils nous rejoignent, les policiers rebroussent chemin. Les voitures du SPVM nous suivent depuis qu’on est parti.

11h20 : Les manifestants retournent tranquillement vers le métro Langelier.

Rapport de surveillance : 11 avril 2012

Mise en contexte

Une action symbolique avait lieu pour dénoncer les principaux acteurs de la répression du mouvement étudiant. Cette action, qui avait lieu en soirée, s’est terminée par un déploiement de la cavalerie et de nombreux policiers dans le centre-ville de Montréal. Aucune arrestation n’a eu lieu.

21h03 : Au coin des rues University et De la Gauchetière. Deux policiers à vélo auraient insulté un manifestant qui se trouvait sur le trottoir. Les policiers ont rapidement été encerclés par les manifestants. Ils ont repoussé ceux-ci en tournant sur place avec leurs vélos à la hauteur des visages des manifestants, créant ainsi un effet d’ « hélicoptère ».

21h11 : La manifestation est déclarée illégale. Coin Bleury et René-Lévesque. À ce moment là, la plupart des manifestants s’étaient déjà dispersés dans différentes rues, ruelles et stationnements.

21h12 : Déploiement de l’anti-émeute sur René-Lévesque. Il n’y a que quelques manifestants (moins de vingt) qui sont sur René-Lévesque. Ils semblent eux-mêmes chercher le reste de la manifestation.

Rapport de surveillance : 22 mars 2012

Mise en contexte

Lors de la manifestation nationale du 22 mars, une altercation aurait eu lieu entre des néo-nazis (boneheads) et des membres d’un groupe antifasciste. Suite à cet événement, un groupe d’intervention des policiers (16 policiers au total) s’est mis à suivre de près le contingent anti-capitaliste dans la manifestation.

15h41 : Au coin des rues Cherrier et St-Denis, les policiers confisquent tous les bâtons des manifestants (les bâtons qui tiennent leurs pancartes). Ce mouvement policier semble limité aux manifestants qui sont près du contingent anti-capitaliste, mais celui-ci n’est pas directement touché par la manoeuvre.

15h45 : Sur la rue Sherbrooke, deux policiers filment les manifestants avec ce qui semble être leur téléphone personnel.

16h22 : Les policiers terminent leur surveillance ciblée du contingent anti-capitaliste et se replient dans une rue parallèle.